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La santé est un bien de nature particulière - elle est d'une part une nécessité morale et en partie un bien de consommation ordinaire . Mais avant toute chose, dans une société dite civilisée, il s'agit d'une nécessité morale. Il est par conséquent surprenant d'observer la manière dont les acteurs économiques de la santé la considèrent exclusivement comme un bien de consommation ordinaire. Cependant, si l'on accepte ce postulat et que l'on approche la question du plus strict point de vue libéral, ce devrait être par l'atomisation des préstataires de services (Assureurs, prestataires de soins, etc.) et par la multiplicité d'offres variées de prestations que les consommateurs adultes et informés seraient capables d'assumer leur responsabilité individuel et leur pleine et entière liberté de choix. Disposent-ils réellement de ce choix aujourd'hui ? Nous affirmons que ce n'est pas le cas en l'état.
Autre aspect plus rarement évoqué, le fait que de nombreux Suisses souhaiteraient être informés et conscients de la qualité et des coûts des prestations qui leur sont offertes. Cependant, les autorités politiques mettent uniquement l'accent (avec peu de conviction, il faut bien le relever) sur la prévention, la promotion de la santé, des thématiques porteuses plus assimilables à la démarche marketing qu'à une veritable politique de santé dans ce pays. Par ailleurs, le faible contrôle qu'exerce, pour l'instant, l'État sur le niveau des primes et la qualité des préstations ne permet au citoyen/patient/assuré aucun choix efficace du point de vue rapport qualité/prix. En tant que nécessité morale la santé ne peut donc être contôlée qu'uniquement par le citoyen pour peu que ce dernier dispose du niveau d'éducation en la matière, lui permettant d'exercer ce contrôle et les choix qui en découlent. Il est en effet connu que le Suisse est un citoyen très conscient du prix des biens qu'il consomme. En plus du financement multipartite du système de santé, la responsabilisation face aux coûts de la santé ainsi que la conscience du prix des traitements ne seraient rendus possibles qu'uniquement par la concurrence entre assureurs sur le niveau des primes, la déduction obtenue au regard de la franchise choisie ainsi que du niveau de la quote-part. En fait, selon nous, seule une formation critique quant aux diagnostics, aux pathologies, aux pronostics et options thérapeutiques est capable de conduire à un plus haut niveau de conscience "coût/qualité" - "coût/utilité", ou en d'autres termes à une réduction de l'aléa moral du patient/assuré. Les mesures de contrainte mise en oeuvre par le cartel des assureurs-maladie et ses relais politiques sont justement de nature à amplifier ce phénomène. C'est pourquoi, chez SwissMED.net, nous pensons que la surconsommation de biens et services de santé est avant tout le résultat de ce qu' Ivan Illich appelait la "Société descolarisée". L'éducation est donc la clé du problème. |